Le marathon classique d’Athènes

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De la course antique au marathon moderne

Le marathon, cette course aujourd’hui pratiquée dans le monde entier, trouve ses origines dans l’épique bataille de Marathon, un épisode majeur de la première guerre médique qui se déroule en 490 avant J.-C. À la victoire des Grecs, le valeureux Phidippidès parcourt à toute vitesse et sans s’arrêter les 42,195 km qui séparent le champ de bataille d’Athènes pour porter la bonne nouvelle. À peine a-t-il informé les Athéniens de la victoire grecque qu’il meurt, foudroyé par cet effort surhumain.

L’histoire de ce courageux soldat antique a mené à la création d’un évènement qui inspire des athlètes du monde entier. À l’heure actuelle, le marathon est une réelle compétition sportive, un concept qui aurait été forgé par l’académicien Michel Bréal qui était alors un ami proche de Pierre de Coubertin, pédagogue et historien mais surtout membre fondateur du Comité olympique international et père des Jeux olympiques modernes.

L’idée de Bréal était, il faut bien le dire, fort simple : il s’agissait d’organiser une course où les athlètes devaient parcourir la même distance que le brave Phidippidès à l’occasion des Jeux olympiques organisés à Athènes en 1986 ! Le 10 mars de cette même année étaient sélectionnés six athlètes qui représenteraient la Grèce lors des premiers Jeux olympiques modernes.

Le marathon classique d’Athènes

En tant que berceau de cette course mythique, Athènes accueille chaque année des athlètes de tous horizons et de tous âges pour participer au marathon organisé par la capitale grecque. La 31ème édition du marathon classique d’Athènes se déroulera le 10 novembre 2013 en mémoire du célèbre pacifiste Grigoris Lambrakis assassiné en 1963. Plus de 30 000 coureurs devraient y participer.

La course qui aura pour point de départ le tumulus de Marathon arrivera au stade Panathénaïque, situé dans le centre-ville d’Athènes. En plus de cette épreuve traditionnelle, des courses additionnelles de 5 km et 10 km seront organisées, sans compter les épreuves pour enfants et la course paralympique.

La capitale athénienne sera également le théâtre d’un autre évènement majeur le 8 novembre, date à laquelle l’AIMS (Association of International Marathons and Distance Races) et la SEGAS (Hellenic Amateur Athletics Association) récompenseront les meilleurs marathoniens mondiaux à la suite des votes récoltés lors d’un gala organisé à l’amphithéâtre de la faculté d’Athènes. Désormais, cette cérémonie se déroulera tous les ans à Athènes avant les épreuves du marathon classique.

Le marathon classique prend de l’ampleur et cela est tout sauf étonnant car c’est une épreuve athlétique moderne fortement liée au passé et porteuse de valeurs intemporelles rassemblant des individus et des nations du monde entier.
Pour plus d’informations sur le Marathon classique d’Athènes, rendez-vous sur www.athensclassicmarathon.gr.

La bataille de Marathon

Considérée par un grand nombre d’historiens comme l’un des affrontements majeurs de l’Histoire grecque, la bataille de Marathon remportée par les Grecs contre l’envahisseur perse en 490 avant J.-C. affecte profondément le cours de l’Histoire. En effet, si la Grèce avait été envahie par les Perses, l’hellénisme classique n’aurait pu être diffusé en Europe et qui sait, la civilisation occidentale n’aurait pas été créée.

Après que les Grecs d’Asie mineure se sont alliés aux Athéniens et aux Érétriens venus soutenir les insurgés ioniens contre les Perses, le roi Darius décida de profiter de cet affaiblissement des Grecs pour détruire Athènes et Érétrie. Voilà pourquoi en 490 avant J.-C., le Perse envoya une flotte armée sous le commandement de Datis et d’Artaphernes, avec pour mission de conquérir l’archipel des Cyclades puis les deux cités.

La destruction d’Érétrie s’avéra fulgurante. Ce fut donc avec confiance que l’armée perse s’engagea dans la plaine de Marathon pour se rendre à Athènes. D’après Hérodote, ils étaient au nombre de 200 000 bien que les historiens modernes pensent que les Perses n’étaient vraisemblablement que 100 000 à l’époque. Face à cette armée massive, la Grèce ne disposait que de 10 000 soldats athéniens, 1 000 soldats de Plataies, auxquels s’ajouteraient quelques troupes spartiates qui viendraient les rejoindre à la fin d’un temps religieux pendant lequel aucune action militaire n’était autorisée.

Pendant cinq jours et cinq nuits, le massacre fut évité. Loin de s’affronter, les deux armées se contentaient de s’observer. Dix généraux de l’armée athénienne se remplaçaient à tour de rôle. Le 6ème jour, le général Miltiades décida d’attaquer après la retraite soudaine de l’armée perse. Fin stratège, il décida de former un petit bataillon pour attaquer de front tandis que la majorité des effectifs encerclaient les Perses. La bataille fut de courte durée. L’armée perse perdit ce jour-là 6 000 hommes tandis que Plataies comptait 11 victimes et Athènes 192. Ces valeureux soldats tombés au front furent notamment honorés par des sculptures lors de la création du Parthénon.

Comme la bataille de Marathon constituait la première victoire majeure des Grecs sur les Perses, l’armée athénienne reprit confiance à partir de ce jour-là, désormais convaincue que l’envahisseur venu d’Asie n’était pas invincible.

À la suite de cette cuisante débâcle, les bateaux perses qui transportaient la cavalerie s’empressèrent de prendre la direction du Pirée pour conquérir Athènes, alors sans défense. Quelle ne fut pas leur surprise quand, à leur arrivée, ils furent confrontés à l’armée grecque qui, malgré la distance, la fatigue et leurs lourdes armes, se tenaient là, prêts à défendre leur cité, les boucliers flamboyants sous les rayons du soleil. Les Perses décidèrent alors de déclarer forfait et d’oublier leurs ambitions de conquête pour rentrer chez eux, le front bas.

La victoire des Grecs fut totale et ce grâce au courage des armées mais aussi grâce à l’exploit du soldat Phidippidès qui parcourut d’une seule traite les 42,195 kilomètres séparant Marathon d’Athènes pour annoncer la victoire des Grecs sur l’envahisseur perse au Parlement de l’époque... avant de s’effondrer sur le champ d’épuisement. Et c’est bien de ce haut fait – et de la bataille du même nom – que s’inspire le concept actuel du marathon.

Le marathonien des temps anciens

La Grèce antique comptait un grand nombre d’évènements traditionnels sportifs, généralement accompagnés de célébrations religieuses. Les premières précisions sur la vie de ces athlètes des temps anciens se trouvent dans les récits épiques d’Homère, bien que l’obligation de s’entraîner soit postérieure à l’établissement des Jeux olympiques au VIIIe siècle avant J.-C.

De l’endurance, une alimentation appropriée et un entraînement structuré constituaient les fondements pour tout athlète désireux de réaliser des performances optimales. Ces aspects de la vie des athlètes étaient étudiés par des médecins, des philosophes, des écrivains et même des hommes de loi tels que Solon, le but étant d’atteindre une condition physique idéale en respectant une routine d’entraînement basée sur différents savoirs.

Il était attendu des athlètes comme des entraîneurs de réaliser les meilleures performances, toujours dans le respect de l’esprit sportif. Ainsi, les athlètes qui suivaient rigoureusement un entraînement et un régime adaptés avaient toutes les chances de remporter la victoire, faisant ainsi honneur à leur discipline et à leur contrée d’origine.

L’entraînement de ces antiques athlètes se déroulait en trois temps. Tout d’abord, l’athlète devait s’échauffer en réalisant une série d’exercices étudiés afin de préparer ses muscles et ses articulations à l’effort. Ensuite, la tradition voulait qu’il améliore son endurance en faisant travailler tout son corps pour en améliorer les performances. Bien entendu, les exercices dépendaient de la discipline pratiquée et étaient déterminés par l’entraîneur. Enfin, après l’effort, l’athlète procédait à des exercices respiratoires et de relaxation pour détendre ses muscles et reposer son corps. C’était d’une importance cruciale. Les entraîneurs mettaient en effet l’accent sur ces séances de relaxation entre deux entraînements et encourageaient même les athlètes à prendre des bains de soleil.

Nul besoin de préciser que les coureurs de marathon devaient se consacrer corps et âme à leur entraînement, ce qui les obligeait à s’en tenir à une routine précise, fondée sur la tempérance et l’humilité, car en définitive, il fallait non seulement parcourir les 42,195 kilomètres mais aussi le faire avec distinction et panache.

Un régime des plus stricts

Hier comme aujourd’hui, l’alimentation d’un athlète est cruciale car elle apporte au corps les nutriments dont il a besoin pendant l’effort. De ce fait, tout athlète se devait de suivre un régime sain, consommant uniquement des aliments améliorant l’endurance pour de meilleures performances. Ce régime visait également à le préserver de toute blessure, à assurer le cas échéant une guérison rapide et à le maintenir dans un état d’esprit optimiste et enjoué.

Dans la Grèce antique, les écrivains se sont penchés sur l’élaboration experte du régime quotidien des athlètes, consistant en une combinaison personnalisée de nutriments en fonction de la carrure et de la carrière de l’athlète. Certains athlètes par exemple mangeaient toutes sortes de viandes et buvaient même du sang avant chaque course. Lors des Jeux olympiques organisés au IIIe siècle avant J.-C., ils consommaient notamment des champignons pour accroître leurs performances et même des pains spéciaux aux propriétés analgésiques.

Il n’est donc pas étonnant que les médecins se soient particulièrement investis dans la préparation des athlètes. Ils étaient en effet en charge d’élaborer les régimes alimentaires qu’il convenait de respecter. Au Ier siècle, en vue d’une course sur une longue distance, les athlètes buvaient par exemple une mixture d’herbes grecques pour être plus endurants.

À l’heure actuelle, tout le monde sait que les protéines et les glucides apportent au corps les calories dont il a besoin pour dégager de l’énergie, améliorer l’endurance et accroître sa force. Bœuf, bananes, céréales et œufs figurent souvent dans l’assiette des sportifs d’aujourd’hui. Bien évidemment, il faut également beaucoup boire afin de ne pas se déshydrater, même pendant l’effort.

Le rôle du coureur dans la Grèce antique

Dans les temps anciens, lors des expéditions, des campagnes ou des batailles, chaque unité devait toujours être accompagnée par un messager, à savoir un coureur performant qui était chargé de diffuser la nouvelle de la victoire – ou de la défaite – à la cité mère et au-delà.

À l’époque, aucun système postal réellement organisé n’existait encore, la grande majorité des routes était difficile d’accès et dangereuse, et la distance à parcourir souvent occupée par l’ennemi. Autant dire que cela ne facilitait pas les communications, d’où l’importance de ces messagers expérimentés.

Ainsi, ils étaient envoyés à la guerre après avoir suivi un entraînement spécial et voyageaient toujours à pied car à cheval, ils auraient constitué une cible facile, emportant précieusement avec eux les nouvelles du front.

D’après les écrits anciens, ces messagers étaient toujours armés et portaient une lourde armure afin de les protéger mais aussi d’en signaler la fonction et les impératifs moraux. Si un messager quittait le champ de bataille en laissant ses armes derrière lui, il était considéré comme un déserteur ! Ainsi, il était attendu que ces hommes surentraînés et courageux parcourent des kilomètres et des kilomètres dans des conditions extrêmes en un minimum de temps avec pour mission sacrée de communiquer leur message à tout prix.

De ce fait, il n’est pas surprenant qu’après avoir parcouru aussi vite que possible des kilomètres de chemins accidentés, portant une charge morale aussi lourde que leur armure, ces messagers s’effondrent à jamais à leur arrivée. En effet, le sort peu enviable de Phidippidès était chose commune à l’époque. Seul le message comptait.

En guise de relais d’informations, il y avait aussi des gardes, postés durant la journée pour surveiller les environs à partir de postes d’observation stratégiques, généralement en hauteur. Ils étaient chargés d’informer les généraux de tout mouvement suspicieux ou hostile de l’ennemi.

Il n’en reste que la bataille de Marathon est une date historique et c’est bien pour commémorer l’exploit de Phidippidès en 490 avant J.-C. que Michel Bréal a suggéré d’ajouter le marathon aux Jeux olympiques. Ami proche de Pierre de Coubertin, le fondateur des Jeux olympiques modernes, Bréal est arrivé à ses fins comme en témoigne l’introduction de la course au calendrier des jeux en 1986. Aujourd’hui, le marathon figure parmi les évènements sportifs les plus suivis au monde et cette course de 42,195 kilomètres illustre la grandeur de la volonté humaine tout en rassemblant des millions de personnes du monde entier.

Pour plus d’informations sur le Marathon classique d’Athènes, rendez-vous sur: www.athensclassicmarathon.gr

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